Ferdinand Cheval est facteur. Né en 1836, fils de petits
paysans, il distribue le courrier à pied. Taciturne, solitaire,
lors de sa tournée de 32 kms, il imagine un palais féerique,
à l'architecture des temps primitifs, dépassant
la fiction, puis oublie ce songe. En avril 1879, il achoppe contre
une pierre bizarre, pittoresque. Lorsqu'il assemble des sur place,
il s'enthousiasme de l'effet obtenu. Cette grande aventure se
terminera en 1924 à sa mort, construire un monument inhabitable
"sublimement inutile".
UN FACTEUR ARCHITECTE
"Je
me suis dit puisque la nature veut faire la sculpture, je ferai
l'architecte et le maçon." Facteur le jour, maçon
la nuit, il creuse un bassin, sculpte des animaux avec du ciment,
façonne une cascade de pierres avec des cailloux ramassés
lors de ses tournées. Après 2 ans de travail, il
s'émerveille. Critiqué par les gens du pays, encouragé
par les visiteurs étrangers, il poursuit sans relâche
son oeuvre.
Avec des outils rudimentaires : brouette "sa compagne de
peine", truelles, ciseaux, seaux, bassines, il construit
un palais où les styles de tous les pays et de tous les
temps sont confondus, se mêlent, dans un désordre
calculé, un chaos délirant de miniatures et de géants.
Il puise son imagination dans les journaux, gravures, sa culture,
ses voyages (pendant 11 ans, il est boulanger sur un navire parcourant
les océans).
SES MESSAGES
Pendant
la visite, ayons une pensée pour l'homme qu'il représentait."Si
le feu du génie brûle en toi, visiteur, approche.
Si les scènes de la nature peuvent t'émouvoir, verse
une larme, mais si tu n'es sensible, ni au génie, ni à
la nature, retire toi."
135 inscriptions, noms, dates, devises, poèmes relevés
sur le Palais et la maison apportent un discours sur la valeur
de Ferdinand Cheval, son sens profond du travail.
A 600 m du Palais, au cimetière de Hauterives, le Facteur
Cheval repose dans le "Tombeau du Silence et du Repos sans
fin"