Situé à Largentière, une cité médiévale
ardéchoise nichée aux portes du midi, José
et Dominique Ruiz ouvrent les portes dune ancienne usine
de soie restaurée.
LArdèche a longtemps vécu de la soie, par
la culture du mûrier et du ver à soie et la transformation
du cocon en fil, le moulinage. Le fil de soie partait ensuite
vers Lyon où il était tissé. Au XIXème
siècle, lArdèche était le 5ème
département industrialisé français avec 400
moulinages. Aujourdhui, il nexiste plus délevage
de ver à soie, non seulement en Ardèche mais en
France. Seule une poignée de productions artisanales subsistent
çà et là.
LA MEMOIRE DES ARDECHOIS
Le bâtiment en pierre de taille, datant du XVIIIème
siècle, abandonné et pillé depuis la première
guerre mondiale, était à moitié en ruine.
En 1985, José et Dominique Ruiz rachètent lusine
pour en faire un atelier de peinture. Ils sont passionnés
par lhistoire humaine, le projet se transforme vite pour
sauvegarder lhistoire de la soie perdue en Ardèche.
Depuis 1990, après de nombreuses recherches, ils restaurent
les bâtiments, les ateliers. Petit à petit, de brocantes
en petites annonces et en dons, lancienne usine de moulinage
reprend vie et ouvre en 1993 au public.
Dominique Ruiz raconte « Nous avons restauré lusine
par amour des vieilles pierres. La soie est devenue une passion.
Au départ, les villageois nous ont pris pour des fous.
Maintenant, les Ardéchois viennent avec leurs enfants ou
petits-enfants pour transmettre la mémoire de la soie.
»
Le musée est aujourdhui consacré à
la découverte de la soie. Photos, vidéos, objets,
documents, vêtements, véritables moulins retracent
la vie dune région. Dans une visite-promenade commentée
par les propriétaires des lieux. nous pénétrons
dans la filature ouverte sur de larges fenêtres où
les femmes travaillaient debout à nettoyer les cocons.
Puis, un véritable labyrinthe nous emmène dans les
caves où des petites filles, dès lâge
de 6 ans ½ moulinaient. Le travail nétait
pas difficile mais les conditions étaient épouvantables.
Elles travaillaient de 6 heures du matin à 7 heures le
soir, dans une humidité élevée. En 1841,
la loi interdisant le travail des enfants de moins de 8 ans avait
fait un vrai tollé.