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QUESTIONNAIRE
  Pour mieux vous connaître, voici 16 questions. Merci de nous consacrer un peu de votre temps. questionnaire

 
PLEINS FEUX SUR LE HERON CENDRE
 
 
Auteur photo : Alain Balthazard
SYMBOLE DE VIE

 SAUVAGE


Décrié par les uns, protégé par les autres, le héron cendré est au centre d'une vaste polémique entre les pêcheurs d'un côté et les amis de la nature et scientifiques de l'autre.
Cet échassier revient de loin, classé en espèce nuisible, il est menacé de disparition. Dans les années 50 - 60, le chasseur touche une prime pour sa destruction. En 1967, le statut de cet oiseau migrateur s'améliore, il devient gibier. Chassé d'août à mars, la population constate une certaine vigueur.
La loi du 10 juillet 1976 votant la protection intégrale du héron cendré lui permet de connaître une envolée considérable. D'une poignée de couples au début du siècle, le héron cendré est devenu un familier de nos campagnes et bords de rivières. Alors certes, son évolution peut se traduire par des chiffres importants. Dans le Rhône, aucun couple n'était recensé en 1985, en 1994, ils représentaient 101 couples et 209 couples en 2000. Dans la région Rhône-Alpes, en 1994, 2000 couples sont recensés, contre 250 couples en 1974.

   
L'augmentation de la population est là, mais dans certaines régions où il est abondant, les recensements démontrent une régulation naturelle. Le héron reprend la place qui était la sienne avant d'être éliminé.

Peut-on imputer aux hérons et autres oiseaux piscivores la diminution des poissons dans nos rivières ?

Les rapports scientifiques des ornithologues sont clairs. Les hérons cendrés ne sont pas responsables de la diminution piscicole, liée plus spécifiquement à des problèmes d'irrigation et de pollution, de déséquilibre du milieu.


Un héron consomme 300 grammes de protéines par jour, en période faste. Il se nourrit de poissons, crustacés, insectes, mais il se rencontre loin des rivières, dans les champs, où il recherche souris, campagnols, petits reptiles, micromammifères… Opportuniste, il recherche des proies faciles, son choix se reporte sur des sujets affaiblis ou malades. Paul Géroudet, éminent spécialiste des oiseaux, annonce que la majorité des proies n'a pas de valeur commerciale. Le héron a sa place dans l'écosystème, il remplace les poisons des agriculteurs contre les petits rongeurs.

Le Président du Cora (Centre Ornithologique Rhône-Alpes) Savoie, Hubert Tournier commente :

" Le héron joue le miroir de la mauvaise gestion halieutique. Les rivières sont devenues trop accessibles pour les pêcheurs. Du coup, les hérons trouvent des rivières faciles à aborder. La gestion piscicole est mauvaise. Les poissons d'élevage, non autochtones, ne sont pas adaptés à la vie sauvage. Déversés, ils restent agglutinés et sont une proie idéale pour les oiseaux piscivores. Il est nécessaire de rendre les milieux aquatiques plus praticables pour le poisson et non pour le héron. "

Sébastien Blache, Chargé d'études au CORA Drôme, explique :

" De toute façon, quand un héron est sur une rivière, c'est qu'il y a du poisson. "


Muguette Berment




 
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