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| PLEINS
FEUX SUR LE HERON CENDRE |
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Décrié par les uns, protégé par
les autres, le héron cendré est au centre d'une
vaste polémique entre les pêcheurs d'un côté
et les amis de la nature et scientifiques de l'autre.
Cet échassier revient de loin, classé en espèce
nuisible, il est menacé de disparition. Dans les années
50 - 60, le chasseur touche une prime pour sa destruction.
En 1967, le statut de cet oiseau migrateur s'améliore,
il devient gibier. Chassé d'août à mars,
la population constate une certaine vigueur.
La loi du 10 juillet 1976 votant la protection intégrale
du héron cendré lui permet de connaître
une envolée considérable. D'une poignée
de couples au début du siècle, le héron
cendré est devenu un familier de nos campagnes et bords
de rivières. Alors certes, son évolution peut
se traduire par des chiffres importants. Dans le Rhône,
aucun couple n'était recensé en 1985, en 1994,
ils représentaient 101 couples et 209 couples en 2000.
Dans la région Rhône-Alpes, en 1994, 2000 couples
sont recensés, contre 250 couples en 1974.
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L'augmentation
de la population est là, mais dans certaines régions
où il est abondant, les recensements démontrent
une régulation naturelle. Le héron reprend la
place qui était la sienne avant d'être éliminé.
Peut-on imputer aux hérons et autres oiseaux piscivores
la diminution des poissons dans nos rivières ?
Les rapports scientifiques des ornithologues sont clairs.
Les hérons cendrés ne sont pas responsables
de la diminution piscicole, liée plus spécifiquement
à des problèmes d'irrigation et de pollution,
de déséquilibre du milieu.
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Un héron consomme 300 grammes
de protéines par jour, en période faste. Il
se nourrit de poissons, crustacés, insectes, mais il
se rencontre loin des rivières, dans les champs, où
il recherche souris, campagnols, petits reptiles, micromammifères
Opportuniste, il recherche des proies faciles, son choix se
reporte sur des sujets affaiblis ou malades. Paul Géroudet,
éminent spécialiste des oiseaux, annonce que
la majorité des proies n'a pas de valeur commerciale.
Le héron a sa place dans l'écosystème,
il remplace les poisons des agriculteurs contre les petits
rongeurs.
Le Président du Cora (Centre Ornithologique Rhône-Alpes)
Savoie, Hubert Tournier commente :
" Le héron joue le miroir de la mauvaise gestion
halieutique. Les rivières sont devenues trop accessibles
pour les pêcheurs. Du coup, les hérons trouvent
des rivières faciles à aborder. La gestion piscicole
est mauvaise. Les poissons d'élevage, non autochtones,
ne sont pas adaptés à la vie sauvage. Déversés,
ils restent agglutinés et sont une proie idéale
pour les oiseaux piscivores. Il est nécessaire de rendre
les milieux aquatiques plus praticables pour le poisson et
non pour le héron. "
Sébastien Blache, Chargé d'études au
CORA Drôme, explique :
" De toute façon, quand un héron est sur
une rivière, c'est qu'il y a du poisson. "
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